Attente des nouveaux décrets Greta et réforme de la formation professionnelle

Alors que les discussions en GT15 sont achevées depuis janvier 2017, nous sommes toujours en attente de la publication des textes concernant le décompte du temps de travail, le référentiel des activités des intervenants en GRETA et du texte portant modification de l’Indemnité de Sujétion Spéciale (ISS) des CFC.

Très attendus ces textes avaient surtout pour objectif de cadrer nationalement les conditions de travail des personnels GRETA afin d’établir un traitement identique sur l’ensemble du territoire et de mettre fin à la véritable jungle qui existe actuellement avec des traitements différents dans chaque académie.

Mais tout laisse à croire que ces textes ne seront jamais publiés…

Nous ne voyons rien venir et nous constatons que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la précarité des personnels s’installe durablement et s’accentue.

Les dérives perdurent :

  • Non renouvellement de contrats à l’approche de la Cdisation
  • Abus de contrats de vacations
  • Non-respect du décret 93 relatif au temps de travail : coefficients de pondération appliqués aux heures de face à face pédagogique, formateurs soumis à 1607h de présence.
  • Préconisations académiques abusives allant à l’encontre de la volonté d’harmonisation nationale.
  • Pressions exercées sur les personnels et augmentation des burn-out

Le service public de formation n’est plus assuré de manière équitable et les conditions d’accès des populations à la formation sont de plus en plus dégradées.

Présentée comme une des priorités du Président de la République, une nouvelle réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage est annoncée pour le printemps 2018, alors que la dernière ne date que de 2014 !

D’ores et déjà, les consultations sont engagées avec les organisations syndicales, mais la méthode devrait être identique à celle utilisée pour la réforme du Code du Travail.

La fin des diplômes ?

Fidèle à sa volonté de casser les cadres règlementaires en dérégulant à tout va, cette nouvelle réforme risque fort d’accentuer la régionalisation et de pulvériser l’ensemble des cadres nationaux des diplômes. 

En mettant en avant le « tout compétences » il répond à la fois à la demande pressante du patronat de réduction du coût du travail et à son objectif de baisse du chômage notamment chez les jeunes.

Cela devrait se traduire par une mise en adéquation de l’offre de formation avec les seuls besoins locaux déterminés par les branches professionnelles et par le décloisonnement entre formation initiale et formation continue.

Pour l’essentiel ce sera surtout l’apprentissage qui sera nettement favorisé et le contrat de professionnalisation devrait même disparaitre à son profit.

Avec la mise en place des Groupements d’Intérêt Public de la Formation Continue et Initiale Professionnelle (GIP FCIP) auxquels doivent adhérer tous les EPLE supports de GRETA, le cadre réglementaire est tout trouvé pour fusionner la FI et la FC dans les académies dont le périmètre est lui-même en cours d’adaptation aux nouvelles régions issues de la loi Nôtre.

Mixité des publics

A cela s’ajoute la pression énorme, pour instaurer la mixité des publics et des parcours, faite aux acteurs de la Formation initiale sous statut scolaire qui outre le fait d’aboutir à la casse de leur statut réduira d’autant les champs d’intervention des GRETA.

Avec la vison comptable et le besoin de rentabilité des Régions, les GRETA risquent fort de ne pas survivre à la concurrence et de se trouver noyés dans un ensemble d’organismes de formation qui n’aura plus rien à voir avec un service public de formation tel que nous le revendiquons.

La plus grande vigilance s’impose donc et nous devons nous tenir prêts à livrer une résistance active sur tous ces fronts !

Notre tract : L’arlésienne

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